26 Mars 2010 Cérémonie du souvenir du 26 mars 2010, quai Branly

Vous pouvez retrouver le compte-rendu, ainsi que diverses photos et témoignages, de cette émouvante cérémonie, chargée d’émotion, sur le site de l’association des familles victimes du 26 mars 1962 et de leurs alliés en cliquant ici

 

Association des Familles des victimes  du 26 Mars 1962 et de leurs Alliés

Actualités

CALENDRIER DES CEREMONIES EN MEMOIRE DES VICTIMES DU MASSACRE DU 26 MARS 1962, RUE D’ISLY A ALGERlire la suite

  • PARIS – MERCREDI 26 MARS A 14H30 Cérémonie de recueillement au Mémorial National de la guerre d’Algérie
    quai Branly- Paris 7eme (face à l’avenue de la Bourdonnais- RER C champ de mars – tour Eiffel) contact isly26mars@wanadoo.fr
  • PARIS – MERCREDI 26 MARS A 18H30 Une messe sera célébrée en l’Eglise Saint-Nicolas du Chardonnet, 23 rue des Bernardins (Métro Maubert-Mutualité) contact : isly26mars@wanadoo.fr
  • ANGERS : 26 mars à 18h : Messe> célébrée par le Révérend père Le Pivain (chapelle Noël Pinot). Contact : anfanoma49@orange.fr
  • AVIGNON : 26 Mars : 17h00 dépôt de gerbes, stèle de l’ANFANOMA, cimetière Saint-Veran Contact : anfanoma province>
  • BRIVE LA GAILLARDE : En mémoire des victimes des massacres du 26 mars 1962 à Alger et du 5 juillet 1962 à Oran dépôt de gerbes le 26 mars 17 heures à la stèle ANFANOMA, cimetières Estavel et à 18 heures messe Eglise Notre Dame de Lourdes Contact : anfanoma province
  • CAEN : 26 MARS 9H00, dépôt de gerbes stèle ANFANOMA cimetière St Gabriel Contact : envoyer un mail
  • CLERMONT-FERRAND : 26 Mars Messe à 18H30 Eglise St Pierre des Minimes
  • DIGNE : 26 mars dépôt de gerbe stèle ANFANOMA – cimetiere de la ville
  • GRASSE : 26 MARS à 9h45 heures: Dépôt de gerbes, stèle de l’ANFANOMA, cimetière Ste Brigitte 30 MARS Messe à A 10 Heures Eglise Notre Dame des Chênes Contact : envoyer un mail
  • GRENOBLE : 22 Mars à 9h3O Messe Eglise St Pierre du Rondeau et à 11h00 : Dépôt de gerbes Cimetière des Sablons stèle ANFANOMA –
  • MARSEILLE Messe à 16 heures Eglise du Sacré Coeur Marseille contact maison des rapatriés
  • MOUGINS : 26 mars rassemblement à 17H 30 devant la Stèle ANFANOMA au Cimetière du Grand Vallon à Mougins et dépôt de gerbes Contact: envoyer un mail
  • NANTES : 30 mars messe à 10H 30, à l’Eglise Saint Pasquier de Nantes 30 mars à 11 H 30 dépôt de gerbes, stèle ANFANOMA cimetière de la Gaudinière, Contact : envoyer un mail
  • PAU : 26 Mars à 17H 30 ; dépôt de gerbes Monument aux Morts du Cimetière de Pau, Contact Marcel Alonso
  • PIERRELATTE : 26 mars à 18H dépôt de gerbes stèle ANFANOMA au cimetière Cérémonie du souvenir pour les victimes de la fusillade de la rue d’Isly à laquelle seront associées celles du 5 juillet à Oran- contact : envoyer un mail
  • Saint Seurin sur l’Isle : 26 mars 2014 à 11:h cérémonie sur la place du Général SALAN – contact : envoyer un mail
  • TARBES : 22 Mars 18 heures Eglise St Pierre et Paul- quartier d’Urac- Contact : envoyer un mail
  • TOURS : 26 MARS :10H dépôt de gerbes, stèle ANFANOMA cimetière La Salle- contact : Jules Pothier
  • VICHY : 29 MARS 17 heures Messe chapelle des missionnaires Contact M Benejean : envoyer un mail

En mémoire des victimes de la fusillade du 26 mars 1962 à Alger :

cérémonie de recueillement au Mémorial National de la guerre d’Algérie Quai Branly, à Paris (7ème). Mardi 26 Mars 2013 à 14h30 lire la suite

NON A LA COMMEMORATION DU 19 MARS 1962

NON A CINQUANTE ANNEES D’IMPOSTURE

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2012 : En mémoire des victimes tombées lors de la fusillade, rue d’Isly à Alger lire la suite

Messe du souvenir du 26 mars, à Paris lire la suite

Accueil

Ce site a pour objet de compléter celui créé depuis quelques années par notre association. Il est essentiellement constitué de témoignages de personnes ayant vécu ce massacre. Notre seul but est d’enrayer l’oubli et de rendre justice à nos Morts trop souvent abandonnés, voire insultés…

Les victimes de la fusillade de la rue d’Isly ont un nom.

Lors du débat pour la loi pour les rapatriés en 2005, sous notre impulsion, il a longuement été question de la fusillade de la rue d’Isly. Mais aujourd’hui qu’en reste-t-il ? Des promesses sans lendemain..

26 Mars 2010 Alger 26 mars 1962, de la rue d’Isly-Au quai Branly Paris 26 mars 2010

Alger 26 mars 1962, de la rue d’Isly – Au quai Branly Paris 26 mars 2010

Vendredi 26 mars 2010, la liste nominative des victimes de la fusillade du 26 mars 1962 apparaitra pour la première fois sur le monument national du Monument aux Morts, érigé à Paris Quai Branly. Ainsi, les nôtres nous survivront, ils continueront à exister par delà la mort, et leur liste portera témoignage pour les générations futures.

  • 14H30 Accueil par le choeur Montjoie Saint-Denis
  • 14H50 Heure précise du déclenchement de la fusillade, les noms de nos Victimes commenceront à défiler sur la colonne centrale du monument
  • 15H Dépôt de gerbes, sonnerie aux Morts et interventions de quelques membres des familles de victimes
  • 15H20 Chacun d’entre vous sera invité à se recueillir et à déposer une fleur bleue, blanche ou rouge au pied du monument

Nous ne manquerons pas d’associer à cet hommage toutes nos autres victimes et, parmi elles, notamment celles du massacre du 5 juillet à Oran, les Harkis et toutes les autres victimes civiles et militaires tombées ou disparues pour la présence française en Afrique du Nord

Face à la dernière agression abjecte de la F.N.A.C.A. qui tente de s’ opposer à cet affichage et va jusqu’au sacrilège d’ attaquer nos Morts, nous devons en réponse nous retrouver aussi nombreux que possible au Monument aux Morts à Paris.

Rendez-vous, vendredi 26 mars prochain, dès 14h30, devant le Monument. Merci de vous munir d’une fleur bleue, blanche ou rouge.

Accès : Entre le pont d’Iéna et l’avenue de la Bourdonnais, à proximité de la Tour Eiffel.
Métro ligne 6 station : Bir Hakeim.
RER C station : Champs de Mars-Tour Eiffel.
Pour tous renseignements : Tél. du lundi au vendredi, de préférence le matin entre 9 et 12 h.

EGLISE ST NICOLAS DU CHARDONNET, 26 MARS 2010 A 18H 30

En Mémoire des Victimes de la fusillade du 26 mars 1962 de celles de l’Oranie du 5 juillet 1962, des disparus, des Harkis une messe sera célébrée le vendredi 26 mars à 18H30 en l’église Saint-Nicolas du Chardonnet, 23 rue des Bernardins Paris 5ème – (métro ligne 10, station Maubert Mutualité)

 

 

Janvier 2010 Communiqué : La FNACA s’attaque aujourd’hui aux victimes du 26 mars 1962

Par communiqué de presse du 14 janvier, le comité directeur de la FNACA « s’élève avec force contre le projet… visant à inscrire les noms des victimes civiles du drame de la rue d’Isly le 26 mars 1962 sur la colonne centrale du Mémorial national de la guerre d’Algérie. Cette initiative serait ressentie comme une véritable insulte à l’Armée française, restée loyale à l’égard des Institutions Républicaines dans cette période perturbée par les exactions de l’O.A.S. La FNACA rappelle que le Mémorial… est dédié aux seuls militaires et supplétifs « Morts pour la France »… »

Non content de tenter d’imposer la commémoration d’un cessez-le-feu virtuel, source des pires affrontements et de l’exode de plus d’un million de nos compatriotes, le Comité Directeur de cette association d’Anciens Combattants en Algérie-Tunisie-Maroc, voudrait aujourd’hui s’opposer à une mesure d’apaisement que nous attendions depuis 48 ans.

Que les civils assassinés, cibles privilégiées des affrontements sanglants qui ont endeuillé notre terre d’Algérie pendant huit longues années, aient été associés par une loi votée en 2005 à l’hommage national rendu chaque année aux combattants morts pour la France n’indigne que les dirigeants de la FNACA. Pour justifier cette position méprisable, elle utilise sans vergogne la vieille technique de la diabolisation et de l’amalgame, réveillant les vieux démons de la menace contre les « Institutions Républicaines ». Elle n’hésite pas, ce faisant, à gommer les victimes tombées après le pseudo cessez-le-feu et à condamner une population innocente exclusivement soucieuse de porter secours à un quartier populaire d’Alger assiégé.

L’ANFANOMA prend acte de cette nouvelle agression contre la communauté des Français d’Algérie rapatriés, d’autant plus ignoble qu’elle touche au souvenir et au respect dû aux Morts. Elle remercie les nombreuses autres associations d’Anciens Combattants pour leur compréhension et leur soutien.

A Paris, le 21 janvier 2009 Le Président Yves Sainsot

 

5 Décembre 2009 Les victimes du 26 mars 1962 enfin honorées solennellement

Le 5 décembre 2009, marquera désormais l’aboutissement du long combat mené par l’Association des Familles de Victimes du 26 mars 1962 et de leurs Alliés. Il aura fallu à sa Présidente, Mme Nicole Ferrandis, plus de 7 années de démarches, d’entretiens, de contacts avec les élus et leurs conseillers, avec les équipes gouvernementales et présidentielles successives. Il lui aura fallu soumettre aux Présidents de la Mission Interministérielle aux Rapatriés une suite de projets, amendés, modifiés, de rédactions de messages… Il lui aura fallu argumenter, convaincre pour enfin obtenir l’adhésion, emporter l’accord… Il aura fallu aux familles éprouvées attendre plus de 47 ans après l’épouvantable tragédie pour que la mémoire de leurs Morts soit enfin  » pleinement reconnue, respectée et honorée  » par la Nation.

Eh bien, voilà, c’est fait. Le 5 décembre dernier, à Paris, Quai de Branly, devant le Monument dédié aux  » Morts pour la France  » durant la guerre d’Algérie et les Combats du Maroc et de Tunisie, M Hubert FALCO, Secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants, prononçait un discours chargé d’émotion, rendant pour la première fois un hommage solennel et appuyé aux Victimes du 26 mars 1962, rue d’Isly à Alger. Ces victimes avaient été laissées pour compte lors de l’apposition de la plaque à la mémoire des victimes civiles françaises. Cette lacune volontaire, cette exclusion insupportable est désormais levée. La faute est réparée… L’Histoire seule jugera le crime d’Etat…

Dans quelque temps, comme l’a demandé l’Association des Familles des Victimes du 26 mars 1962 et de leurs Alliés, la liste nominative des Français d’Algérie tombés ensemble en cette journée fatidique défilera sur la colonne centrale du Monument. Seront ensuite inscrits les noms des victimes civiles françaises au fur et à mesure de leur identification.

L’ANFANOMA et FRANCE-HORIZON, qui ont soutenu de toute leur conviction cette juste cause défendue par l’Association des Familles de Victimes du 26 mars 1962 et de leurs Alliés, se réjouissent de cette excellente décision.

Yves Sainsot

17 novembre 2009 Appel de la condamnation en première instance subie par Mme Claudine Dupont-Tingaud

Appel de la condamnation en première instance subie par Mme Claudine Dupont-Tingaud, présidente de l’association Réagir, pour les propos indignés que l’intéressée a eu le courage de tenir lors d’une conférence publique où la colonisation française était trainée dans la boue. L’Anfanoma appelle ses adhérents et sympathisants à soutenir son amie, le 17 novembre prochain à 14h, à la Cité judiciaire, 7 rue Pierre Abélard à Rennes.

17 novembre 2009 PROCÈS EN APPEL – MME DUPONT-TINGAUD, Présidente de Réagir

L’A.N.F.A.N.O.M.A. invite ses adhérents, sympathisants et lecteurs de France-Horizon du Grand-Ouest à soutenir par leur présence Mme Claudine Dupont-Tingaud, Présidente de l’association RéAgir (Résister et Agir), mardi 17 novembre à 14h à Rennes, lors de l’audience de Cour d’Appel, 3ème chambre correctionnelle.

Rappelons que le festival du Film de Douarnenez, au cours de l’été 2007, avait pour thème  » Les Colonies « . Parmi les oeuvres présentées, celles de certains cinéastes avaient choqué Mme Claudine Dupont-Tingaud, Présidente de l’association Résister et Agir (RéAgir), qui avait exprimé ses sentiments dans une lettre ouverte, intitulée  » j’accuse « . MM Mehdi Lallaoui, réalisateur algérien, René Vautier, cinéaste dont l’engagement nous est connu, et Olivier Lecour Grandmaison, historien qui s’est signalé à notre attention par son activité dans le combat pour l’annulation de l’article 4 de notre loi de 2005, estimant cette lettre insultante, avaient saisi la justice. Le 12 juin dernier, le Tribunal de Grande Instance de Quimper condamnait Mme Dupont-Tingaud à 4000 euros d’amende avec sursis et fixait les dommages intérêts à 1500euros pour chacune des parties civiles. L’appel porté par Mme Dupont-Tingaud sera jugé le 17 novembre.

Yves Sainsot, Président national de l’A.N.F.A.N.O.M.A., sera personnellement présent au côté de notre Amie et sera heureux de vous retrouver, dès 13h30, Place du Parlement de Bretagne à Rennes.

 

30 septembre 2009 Le verdict tombe dans le Procès de Nicole Guiraud

Le verdict tombe dans le Procès de Nicole Guiraud contre France 3 et « Les Porteuses de Feu » : Incompétence du Tribunal et Requalification de la plainte.

Le titre même du documentaire diffusé par France 3 le 26 janvier 2008 constituait à lui seul une apologie du terrorisme qui a révolté notre Communauté de Français d’Algérie. Cette diffusion a valu à France 3 une avalanche de protestations qui a conduit la chaine à donner la parole au Président de la Mission Interministérielle aux Rapatriés pour traduire les raisons de notre colère. L’état-major de France-Télévisions et France 3 a ensuite reçu une délégation de plusieurs membres du Haut Conseil des Rapatriés qui ont pu exprimer leurs réactions personnelles sur une gamme allant de l’indignation à la colère. Les explications qui nous ont été apportées à cette occasion peuvent se résumer dans la formule « nous n’avions pas mesuré l’effet d’une telle diffusion et nous nous montrerons plus prudents à l’avenir ». La première faute a été, en amont, de ne pas avoir fait précéder une telle diffusion d’un commentaire explicatif et suivre d’un débat donnant la parole aux victimes. La seconde a été de ne pas recevoir indépendamment ou mieux encore associer à la délégation Mme Nicole Guiraud, l’une des victimes de ces poseuses de bombes qui milite depuis de nombreuses années – au prix de quelles souffrances – pour dénoncer l’horreur de tels actes.
Soutenue par le Comité VERITAS, conseillée et représentée par Me Courbis, notre amie Nicole Guiraud a initié une action au civil, seule voie qui lui était ouverte faute d’action pénale à l’initiative du Procureur de la République, fondée sur le préjudice moral que lui a porté la diffusion de ce documentaire. L’affaire avait été mise en délibéré à l’issue de l’audience du 2 juillet dernier.
C’est le jeudi 30 septembre, quarante-trois ans jour pour jour après l’odieux attentat, que la décision était communiquée par le greffe du Tribunal de Grande Instance de Paris (17ème chambre). Nicole Guiraud faisait part aussitôt du résultat au groupe d’amis venus à nouveau l’entourer et la soutenir dans cette nouvelle épreuve. Elle diffusait dès son retour, par le canal de VERITAS, le communiqué suivant :
« Evidemment, nous attendons que notre avocat, Me Pierre Courbis, reçoive et étudie ce jugement et nous vous tiendrons informés des suites de cette affaire. Il semblerait que le tribunal civil se soit déclaré incompétent, déboutant notre partie civile, sur la forme, mais non sur le fond. Pour le Tribunal, il s’agit d’une apologie du terrorisme. C’est ainsi que la plainte a été requalifiée, relevant désormais, de ce fait, de la juridiction pénale.
Notre avocat et ami, Me Pierre Courbis, va analyser, dès qu’il en recevra les pièces, les détails de ce jugement. »
Outre le risque de prescription inhérent à une éventuelle action publique lancée près de deux ans après les faits, nous connaissons d’expérience les réticences qui ne manqueraient pas de peser sur une démarche de nature à nuire à « la liberté d’expression », liberté à deux vitesses dans notre pays, sacro-sainte dès qu’il s’agirait de notre défense… tout au moins dans le domaine qui nous touche. La tâche s’annonce rude pour Me Courbis mais l’enjeu est important. C’est par la réédition de coups de boutoir de cet ordre qu’un jour sans doute le mur d’incompréhension d’effondrera.

A noter que France 3 récidivait quelques jours auparavant, le 26 septembre, sur un mode trivial cette fois, par la diffusion de « pour ma fille », téléfilm de type polar outrancier mettant en scène une caricature de famille « pied-noire »… Simple égratignure au regard de la blessure évoquée plus haut.

16 septembre 2009 CINQUANTE ANS DEJA

Le terrible tournant de l’allocution du 16 septembre 1959 a déjà fait couler quelques litres d’encre, en livres et articles. Ce jour-là, quinze mois seulement après la tournée triomphale du Sauveur en Algérie, le Guide jetait le masque et annonçait l’autodétermination. Près de trois années passeraient encore, sans doute les plus terribles, où le sang et les larmes couleraient en abondance, au long desquelles il obtiendrait au prix de combien de morts inutiles des soldats de France une victoire militaire gaspillée, continuerait à berner Harkis et Civils musulmans fidèles et ruserait avec les Pieds-noirs avant de leur porter l’estocade fatale, le tout avec la bénédiction d’un peuple français veule et intoxiqué.

Après avoir rappelé que Ferhat Abbas ne s’y était pas trompé lorsqu’il écrivait dans Le mystère De Gaulle, son choix pour l’Algérie, publié chez R. Laffont, « Dans la guerre d’Algérie, le 16 septembre 1959 marque une date historique… Le problème est virtuellement réglé », nous nous arrêterons aujourd’hui sur l’éditorial de Jean Daniel, paru dans le Nouvel Obs. du 17/23 septembre, et particulièrement sur sa conclusion :
« De Gaulle a abandonné les Harkis ; c’est son crime – et le nôtre. Tantôt par ambiguïté, tantôt par omission, il a menti aux Français d’Algérie et surtout à certains militaires : c’est sa faute. Mais il a toujours souhaité une émancipation des Algériens qui se ferait en association avec la France pendant une dizaine d’années. Il a échoué. En fait, à la fin, il atout simplement décidé de délivrer la France de l’Algérie. Il était le seul à pouvoir le faire. »

Pour sévère que puisse paraître l’ensemble du jugement, Jean Daniel que nous retrouvons sans plaisir, avec ses « bons » sentiments et ses analyses ambigües, se trompe toujours. Corrigeons tout d’abord l’inconvenant « et surtout à certains » militaires, relevons aussi le subtil distinguo « abandon » et « mensonge », « crime » et « faute »… Nous constatons ainsi que le prétendu pêché originel  poursuit toujours notre moraliste refoulé qui persiste à battre sa coulpe pied-noire, sans vouloir comprendre que l’abandon, fruit de la haine inextinguible que le guide nous portait, visait indistinctement les deux communautés et que le crime du 26 mars, rue d’Isly à Alger, a été le fait de la seule troupe française et a précédé le refus d’assistance qui a culminé le 5 juillet à Oran et perduré plusieurs mois…
Quant à l’échec, certes patent, il ne se limite pas à une négociation humiliante et bâclée avec le seul FLN ni à une émancipation, d’ailleurs ratée, en association avec la France. Jean Daniel conclut en effet sur le seul succès dont il crédite ouvertement le « Guide », celui d’une France enfin délivrée de l’Algérie…
Jean Daniel, « l’analyste subtil », se fourvoie à nouveau: il aurait dû préciser qu’il s’agissait d’un succès à la Pyrrhus. Il faut être aveugle – ou se voiler la face – pour oser avancer aujourd’hui le mythe d’une France délivrée de l’Algérie. Le seul résultat, tangible hélas, est celui d’une Algérie « délivrée » de la France. Une seule question demeurerait, si le constat sans appel des flux migratoires n’y apportait depuis longtemps une réponse brutale et négative, les Algériens se sentent-ils, eux,  « délivrés » de la France?

Yves Sainsot

Juillet 2009 Alger, une Basilique pour un Cheval

Les travaux du métro d’Alger ont commencé sous ce qui restera pour nous la place du Gouvernement, la place  » du cheval « , où avait été érigée la statue équestre du Duc d’Orléans. Cette statue est aujourd’hui à Neuilly (fort mal entretenue d’ailleurs) mais les faits sont têtus. Les recherches archéologiques menées à cette occasion ont révélé des vestiges particulièrement intéressants. Outre des caves remontant à la longue période édificatrice de la présence française, un quartier commerçant ottoman (xvie-xixe siècles), d’importants vestiges paléochrétiens et des niveaux antiques.

L’intervention est réalisée par une équipe franco-algérienne d’archéologues qui mettent en commun leurs compétences, sous la direction de Kamel Stiti (CNRA) et de François Souq (INRA). Au sud de l’emprise, dans un premier sondage, les restes du quartier des souks d’époque ottomane ont été mis au jour. Deux rues pavées distribuaient des échoppes et des ateliers d’artisans, des forges et des fours. La basilique paléochrétienne

Dans les niveaux sous-jacents, une basilique paléochrétienne a été découverte. Il s’agit d’un bâtiment de taille respectable, la nef principale atteignant 10 m de largeur. Les limites des collatéraux n’ont pu être reconnues car les murs se situent en dehors de l’emprise autorisée. Le dernier sol, qui recouvre un état primitif, est constitué d’une mosaïque polychrome qui pourrait remonter au IVe ou Ve siècle de notre ère, une série de panneaux carrés décorés de  » noeuds de Salomon « . Subsiste la base d’un piédestal mouluré dans ce qui pourrait être l’abside ainsi que les traces d’encastrement de panneaux d’un chancel dans le choeur.Après l’abandon de l’édifice religieux, une nécropole a été installée dans les ruines du bâtiment.

Cet ensemble recouvre un édifice plus ancien remontant au Haut-Empire romain, dont ne subsistent que les fondations.

Au nord de l’emprise, un autre sondage a révélé un quartier d’habitation ottoman, du moins à l’origine, bâti au-dessus de maisons romaines occupées jusqu’à l’antiquité tardive. Cette basilique – qui ne se trouve plus, hélas,  » sous le pas d’un cheval  » – atteste contre vents, sinon marées, que la présence chrétienne, loin d’être un phénomène épisodique, a précédé l’empreinte musulmane, ce que nous savions déjà !..