Samedi 14 Mars 2009 à 13H30 Grande manifestation nationale à Valence.

Valence, forte mobilisation contre la commémoration du 19 mars M Alain Maurice, nouveau maire élu à Valence, certainement lié par ses promesses de campagne et sans doute acquis aux conceptions de la F.N.A.C.A., avait soumis au conseil municipal son projet de baptême d’un square du 19 mars dans cette ville qui a accueilli nombre de nos Compatriotes en exil.

L’ANFANOMA n’avait pas manqué de mettre en garde l’intéressé par un courrier du 28 juin 2008, demeuré sans réponse.

Nous en reproduisons ci-après un large extrait :

 » C’est avec stupeur que nous avons appris que l’une de vos premières mesures en accédant à la Municipalité de Valence sera le baptême d’un square du 19 mars 1962. Vous ne pouvez ignorer qu’en agissant ainsi vous heurtez brutalement la communauté des Français rapatriés d’Algérie et notamment ceux d’entre nous qui se sont établis dans votre cité. Nous avons du mal à imaginer que, près de deux générations après l’exode infligé à un million de Français, certains de nos compatriotes métropolitains n’aient pas compris -ou plutôt n’aient pas voulu comprendre – notre douleur et notre souffrance. Vous venez de fouailler à nouveau des blessures jamais cicatrisées. Faut-il vous rappeler que les morts après le 19 mars ont été plus nombreux que ceux tombés tout au long des huit années d’affrontements ? Faut-il vous rappeler que c’est par milliers que des Français, civils mais aussi militaires, ont été enlevés après ce pseudo cessez-le-feu ? Mais vous savez tout cela, bien sûr … Puissiez-vous prendre conscience de la mauvaise action que vous vous apprêtez à commettre ! « 

M.Alain Maurice maintenant son funeste projet, les principales associations de Rapatriés et d’Anciens Combattants ont décidé en commun d’appeler à une manifestation dans cette ville, quelques jours avant la cérémonie du baptême de ce square. C’est ainsi qu’une foule considérable, approchant 2000 personne selon le reportage télévisuel, se retrouvait le 14 mars dernier pour défiler dans le plus grand calme pendant plus de deux heures dans les principales artères.

Organisée magistralement par Bernard Cini, le jeune Président du Cercle algérianiste local, la manifestation, sous des banderoles et pancartes éloquentes rappelant les drames qui oint jalonné l’abandon de nos départements, rassemblait les leaders des principales associations, si nombreux qu’il nous est impossible de les citer ici car nous en oublierions forcément.

Signalons que l’ANFANOMA était fortement représentée, non seulement par sa Section locale, animée par Guy Seror, mais aussi par ses délégations venues d’Avignon, de Grasse, de Mougins, de Pierrelatte, de Marseille. Yves Sainsot, Nicole Ferrandis, Jean-Louis Jourdan représentaient le siège national.

L’écho médiatique a, une fois n’est pas coutume, rendu compte fidèlement de cette manifestation qui a témoigné de l’union sur l’un des thèmes majeurs de nos revendications. Le but a été atteint. Félicitons les organisateurs et les nombreux participants. Ajoutons que M Alain Maurice ne manque pas de culot, car quelques jours après, il osait déclarer publiquement :

 » Nous avons tenu bon face aux montagnes de lettres de menaces, face à cette manifestation de samedi avec 500 à 800 personnes encadrées par une trentaine de miliciens au crâne rasé, habillés de noir … « 

l’ANFANOMA ne manquait pas de réagir par courrier, signé d’Yves Sainsot et expédié dès le 21 mars :

 » C’est avec stupeur que je prends connaissance de vos déclarations lors de l’inauguration du square devenu pour nous infréquentable, reproduites dans le Dauphiné du 21 mars. Passons sur une minoration grossière du nombre des manifestants qui, le 14 mars, ont arpenté les artères de Valence sous de simples banderoles en scandant leur condamnation de la commémoration du 19 mars 1962 qui, loin de marquer l’arrêt des tirs a mis, au propre comme au figuré, le feu aux poudres. Les Valentinois jugeront… Comme ils jugeront l’assertion grotesque qui vous est prêtée : « l’encadrement de la foule par une trentaine de miliciens au crâne rasé, habillés de noir ». Nous voudrions croire qu’il s’agit d’une erreur de transcription dont vous voudrez bien demander rectification car nous pensons qu’un magistrat municipal ne saurait fabuler de façon aussi éhontée. Mais peut-être étiez-vous absent de Valence ce jour-là et avez-vous ajouté foi à des rapports erronés ? Si tel n’était pas le cas, nous aurions quelques raisons de nous inquiéter pour votre charmante cité, pour vos administrés et pour vous-même… Vous ayant déjà écrit en juin dernier – en toute correction et sans donc que ma lettre ait grossi  » la montagne de menaces  » que vous auriez accumulée – et n’ayant reçu aucune réponse, je souhaite cette fois avoir l’honneur d’une explication. « 

M Maurice a répondu cette fois, du moins pour la forme

 » A Valence tout a été dit et écrit sur l’inuguration du square du 19 mars 1962. J’ai en effet tenu bon dans le respect de mes engagements et ne souhaite développer aucune explication supplementaire…… « 

Nos Compatriotes jugeront de la pertinence de cette réponse… Et s’en souviendront, le moment venu!