Juillet 2009 Alger, une Basilique pour un Cheval

Les travaux du métro d’Alger ont commencé sous ce qui restera pour nous la place du Gouvernement, la place  » du cheval « , où avait été érigée la statue équestre du Duc d’Orléans. Cette statue est aujourd’hui à Neuilly (fort mal entretenue d’ailleurs) mais les faits sont têtus. Les recherches archéologiques menées à cette occasion ont révélé des vestiges particulièrement intéressants. Outre des caves remontant à la longue période édificatrice de la présence française, un quartier commerçant ottoman (xvie-xixe siècles), d’importants vestiges paléochrétiens et des niveaux antiques.

L’intervention est réalisée par une équipe franco-algérienne d’archéologues qui mettent en commun leurs compétences, sous la direction de Kamel Stiti (CNRA) et de François Souq (INRA). Au sud de l’emprise, dans un premier sondage, les restes du quartier des souks d’époque ottomane ont été mis au jour. Deux rues pavées distribuaient des échoppes et des ateliers d’artisans, des forges et des fours. La basilique paléochrétienne

Dans les niveaux sous-jacents, une basilique paléochrétienne a été découverte. Il s’agit d’un bâtiment de taille respectable, la nef principale atteignant 10 m de largeur. Les limites des collatéraux n’ont pu être reconnues car les murs se situent en dehors de l’emprise autorisée. Le dernier sol, qui recouvre un état primitif, est constitué d’une mosaïque polychrome qui pourrait remonter au IVe ou Ve siècle de notre ère, une série de panneaux carrés décorés de  » noeuds de Salomon « . Subsiste la base d’un piédestal mouluré dans ce qui pourrait être l’abside ainsi que les traces d’encastrement de panneaux d’un chancel dans le choeur.Après l’abandon de l’édifice religieux, une nécropole a été installée dans les ruines du bâtiment.

Cet ensemble recouvre un édifice plus ancien remontant au Haut-Empire romain, dont ne subsistent que les fondations.

Au nord de l’emprise, un autre sondage a révélé un quartier d’habitation ottoman, du moins à l’origine, bâti au-dessus de maisons romaines occupées jusqu’à l’antiquité tardive. Cette basilique – qui ne se trouve plus, hélas,  » sous le pas d’un cheval  » – atteste contre vents, sinon marées, que la présence chrétienne, loin d’être un phénomène épisodique, a précédé l’empreinte musulmane, ce que nous savions déjà !..

 

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