Avril 2009 Après deux années de présidence, le Bilan « Rapatriés »

Après deux années de présidence, le Bilan « Rapatriés » Deux années après les promesses électorales, confirmées par deux engagements écrits du candidat, à la veille de son élection à la présidence de la République , il apparait bien naturel de dresser un point d’étape des réalisations concrètes dont la mise en œuvre repose pour l’essentiel sur l’action gouvernementale, sous l’impulsion de la présidence de la République.

Nous reviendrons bien entendu en détail sur chacun des points que nous allons évoquer et sur d’autres qui ne peuvent être traités aussi brièvement.

Deux thèmes essentiels se détachent clairement ; ils suscitent bien des interrogations : ce sont ceux de la repentance et du 19 mars 1962. Nous examinerons ensuite les principaux dossiers mémoriels avant d’aborder les questions de réparations matérielles. Repentance :  » mon premier engagement est de ne jamais sombrer dans la démagogie de la repentance  » ou  » au peuple de l’ancien empire français, nous devons offrir non l’expiation mais la fraternité « . La réalité est bien éloignée, en dépit des (ou grâce aux ?) grands écarts (d’équilibre comme de langage) de nos différents ministres. Commémoration du 19 mars 1962 :  » il n’est pas question que le 19 mars soit une date officielle de commémoration. Il est arrogant de condamner ou mépriser la douleur qui fut la vôtre  » ou  » c’est par respect pour vous que je n’accepterai pas que la date officielle de la commémoration de la guerre d’Algérie soit celle d’un cessez-le-feu, qui de surcroît n’a pas été respecté « . Là encore, les dérapages ministériels abondent.

Au plan mémoriel, parcourons les principaux thèmes : Mémorial :  » le mémorial (pour la France Outre-mer) devra être inauguré (à Marseille) en 2009 et les associations de Rapatriés ont vocation à participer au comité de pilotage « . Sur ce point aussi, nos lecteurs savent que le projet est abandonné ou au mieux mis en veilleuse. Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie ou Monument national à tous ceux venus d’Outre-mer : ces engagement, assez flous, ont du mal à voir le jour pour le premier et semblent oubliés pour le second. Réparations dues aux victimes civiles :  » outre la mémoire due aux disparus, je souhaite que les victimes françaises innocentes de cette guerre, jusqu’à l’indépendance, et je pense tout particulièrement aux victimes du 26 mars , se voient reconnaître la qualité de  » Morts pour la France  » et que leurs noms figurent sur une stèle officielle « . Pour les Disparus, seuls les travaux de recherches se poursuivent lentement mais se heurtent à l’inaccessibilité des archives de l’armée et de la gendarmerie. Quant aux autres victimes – et notamment à celles du 26 mars 1962 – les barrages ne manquent pas… Cimetières :  » je proposerai que la participation de l’Etat au fonds de concours pour la réhabilitation des cimetières français en Algérie soit doublée « . L’engagement financier a été tenu mais les saccages et profanations se multiplient dans ce pays où l’ordre a cédé la place à la brutalité la plus anarchique.

Au plan des Réparations matérielles, nous nous limiterons aujourd’hui aux thèmes du désendettement et de l’indemnisation : Désendettement :  » pour les rapatriés ou (leurs) enfants mineurs qui n’ont pu bénéficier du dispositif C.N.A.I.R., je donnerai des instructions et des moyens aux préfets pour qu’ils puissent intervenir en faveur de la sauvegarde du toit familial « . C’est indiscutablement le domaine où des avancées – malgré obstacles et insuffisances – ont été réelles. Indemnisation :  » le dossier de l’indemnisation n’est pas clos. Je souhaite que nous parvenions à clore votre dossier dans la dignité et le respect. La France a eu raison juridiquement, elle a eu tort moralement. Je veux qu’une commission indépendante établisse précisément un état des lieux… notamment sur les taux d’indemnisation… J’attends qu’elle nous présente des propositions et un calendrier pour régler le dossier avant la fin de l’année 2007. Et nous prendrons les mesures dans le cadre du budget pour l’année 2008 « . C’est tout aussi indiscutablement l’une des principales pierres d’achoppement. Constatons très simplement que le Conseil économique et social n’a pas rempli la mission confiée…

Ce bilan est maigre, voire squelettique, disons-le clairement. Même des mesures qui n’impliquent aucune charge financière n’ont reçu aucun commencement d’exécution. Il est temps, grand temps que soient adoptées rapidement quelques unes des dispositions propres à rassurer notre Communauté. Puisse notre appel être entendu, la confiance est à ce prix !

Yves Sainsot

 

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