Polémique autour de l’article 4, un vrai problème de communication

LE ROLE POSITIF DE LA PRESENCE FRANCAISE OUTRE-MER L’ANFANOMA COMMUNIQUE

Association Nationale des Français d’Afrique du Nord, d’Outre-Mer et de leurs Amis (ANFANOMA)
70 avenue de la Grande Armée 75017 PARIS
Tél 01 45 74 09 91 Fax 01 45 74 83 01
Les Français Rapatriés d’Afrique du Nord n’ont guère eu la parole dans le débat qui porte sur une loi qui leur est consacrée et qui semble sur le point d’être remise en chantier, sous la pression du lobby antillais et sous la menace d’un état étranger. La confusion règne, soigneusement entretenue, dans l’interprétation de la phrase qui fâche « les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord… », les locution et adverbe « en particulier » et « notamment » ont disparu, envolés, la « présence française » a été traduite colonisation, esclavage ou traite, les « programmes scolaires » sont devenus enseignement, voire écriture de l’histoire… avec la bénédiction, aux plus hauts niveaux, de responsables qui n’ont pas rempli leur mission première, d’ordre explicatif et pédagogique.

En notre qualité de responsables associatifs rapatriés, notre position est simple: l’article 4 constitue l’un des piliers de la réparation morale si longtemps attendue et vise enfin à rendre honnête et équilibré un enseignement trop longtemps dévoyé. Il doit donc être maintenu en sa rédaction actuelle.
En notre qualité de citoyens français, notre position est aussi claire: l’article 4 doit être maintenu, en vertu de la règle de séparation des pouvoirs, dans la mesure o il s’agit d’une loi française régulièrement votée et confortée sans ambiguïté. Un recul aurait en outre des répercussions graves tant à l’extérieur, face à l’Algérie, qu’à l’intérieur, dans nos banlieues.

La sagesse voudrait que nous en restions là. Mais si l’exécutif devait obtenir du pouvoir législatif une réécriture de la loi, cette décision entraînerait inéluctablement des répercussions :

  • à l’égard des Rapatriés, l’occasion s’offrant alors de combler les omissions et de corriger les inégalités créées par la présente loiet dénoncées par nos soins;
  • dans le domaine législatif, la suppression de toute référence aux programmes scolaires ne pouvant qu’être étendue à toutes les lois similaires, adoptées antérieurement par le parlement français et notamment à la loi « Taubira », que l’analyse a d’ailleurs révélée partielle et partiale…

Si enfin, contre notre voeu, réécriture il devait y avoir, celle-ci devrait alors être strictement cantonnée a minima, dans le seul souci d’éclairer la volonté du législateur: il suffirait dans cette hypothèse de remplacer les termes « en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord… » par « aussi les aspects positifs de la présence française, notamment en Algérie, au Maroc et en Tunisie… »

Les Rapatriés n’ignorent pas le poids que pèse dans cette affaire le traité en préparation. S’ils ne sont dans l’ensemble nullement opposés au rétablissement de relations apaisées entre les peuples d’Algérie et de France, le déchaînement des passions auquel ils assistent, depuis plusieurs mois de part et d’autre de la Méditerranée, ne fait que conforter leur conviction selon laquelle la conclusion d’un tel traité est prématurée. L’amitié est en effet un sentiment qui, comme tel, s’éprouve et se prouve mais ne se décrète pas.