LETTRE ADRESSÉE AUX CANDIDATS

21 février 2007

LETTRE ADRESSEE AUX CANDIDATS

Monsieur le Président, Au nom des adhérents de l’A.N.F.A.N.O.M.A., première association de  » Rapatriés « , créée dès 1956 au retour des Français forcés de quitter la Tunisie et le Maroc et qui a apporté son concours à l’accueil de nos compatriotes forcés de fuir l’Algérie en 1962, nous avons le devoir de vous interroger sur vos intentions face à nos revendications encore aujourd’hui en suspens, plus de quarante-cinq ans après l’exode. Nous vous soumettons ci-joint le dossier des principales revendications que nous avons réalisé en partenariat avec les responsables d’associations que nous connaissons bien et dont nous apprécions la compétence, le sérieux et la mesure. Nous espérons vivement que vous nous donnerez l’occasion de vous les commenter en nous accordant un entretien. Nous diffuserons scrupuleusement auprès de nos adhérents et sympathisants, grâce au relais de nos sections régionales et locales, nous reproduirons dans l’édition spéciale de notre journal  » France-Horizon « , vendu sur abonnements et en kiosques, et sur notre site informatique les engagements écrits que vous voudrez bien prendre envers nos compatriotes. Electeurs, ils se détermineront à la lumière des informations que nous leur transmettrons. Nous avons le devoir de vous indiquer que, si nous connaissons l’intérêt que nos compatriotes accordent à chacune des questions évoquées dans le document joint, nous savons l’importance déterminante qu’ils attacheront à vos réponses sur les points ci-après. Repentance : si vous êtes élu, vous engagez-vous à refuser toute expression de repentance pour la période de présence française outre-mer et notamment en Algérie ? Reconnaissance de responsabilité : le temps vous semble-t-il venu de reconnaître la part de responsabilité du gouvernement de l’époque dans les crimes et les drames qui ont suivi les accords d’Evian (Disparitions, massacres et notamment parce que emblématiques, Fusillade du 26 mars 1962 à Alger, Tragédie du 5 juillet à Oran) ? Indemnisation : seriez-vous prêt à faire corriger les lacunes et les insuffisances des dispositions précédentes par l’adoption d’une quatrième loi d’indemnisation ? Surendettement et Retraites: quelles mesures compteriez-vous faire adopter pour soulager la détresse de nos compatriotes en grande difficulté financière et notamment celle des mineurs au moment du rapatriement et des pupilles de la Nation? Enfin, quelles dispositions envisageriez-vous dans les domaines de l’Enseignement, de la protection de nos Cimetières, du Mémorial de la France Outre-Mer, Harkis d’origine européenne ? Nous souhaitons que les réponses attendues, dont la liste n’est en rien limitative puissent nous parvenir dans un délai raisonnable permettant leur diffusion en temps utile, soit pour le 15 mars prochain. Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre profonde considération.

Le Président, Yves Sainsot

Lettre complémentaire du 16 avril du candidat Nicolas Sarkozy
Réponse de M. Sarkozy
ANFANOMA
Monsieur Yves SAINSOT
70 Avenue de la Grande Armée
75017 PARIS

Paris, le 6 avril 2007

Monsieur le Président

Vous avez souhaité attirer mon attention sur les préoccupations de votre association représentative des rapatriés d’Afrique du Nord. C’est donc avec la plus grande attention que j’en ai pris connaissance et je vous remercie de m’en avoir fait part. Je sais les déchirements qui ont accompagné votre retour en France métropolitaine et celui de vos familles, en ce début des années soixante. Certains ont tout perdu y compris leurs racines.

Nombre de rapatriés ont réussi à surmonter les contraintes de la réinstallation. Mais nous ne devons pas oublier que vous êtes les descendants de celles et ceux qui, dès le début du 19ème siècle ont contribué à l’essor économique de l’Afrique du Nord. La France leur avait demandé d’assurer son rayonnement par delà les mers. Sa grandeur, notre pays la doit aussi à ces femmes et à ces hommes, témoins et acteurs d’une œuvre civilisation sans précédent dans notre histoire.

Les gouvernements de droite ont multiplié par 10 le budget consacré aux rapatriés qui est passé de 14 millions d’euros en 2002 à plus de 176 millions d’euros en 2006. Alors que la Gauche n’a eu de cesse entre 1997 et 2002 de réduire les crédits d’intervention en faveur des rapatriés (par exemple, -33 % en 2002).

La loi du 23 février 2005 a été un progrès. L’allocation de reconnaissance pour les harkis, les anciens supplétifs et leurs veuves était une mesure de justice et d’équité. Elle bénéficie aujourd’hui à près de 12 000 personnes. De même les remboursements de sommes prélevées au titre de l’article 46 de la loi de 1970 étaient attendus depuis longtemps. La réouverture du fonds de retraite complémentaire Groupama, la prolongation du plan harki, l’accélération du règlement des dossiers de désendettement et la protection de la résidence principale des rapatriés réinstallés, les mesures prises pour l’insertion sociale et professionnelle des enfants de harkis, la liste des progrès est longue.

Il était également légitime que soit instituée la journée nationale d’hommage aux harkis, le 25 septembre. Il était légitime et juste que soit enfin dédiée une journée nationale aux « Morts pour la France » en Afrique du Nord, le 5 décembre, que cette journée soit aussi celle des victimes civiles et des familles de disparus. Pour autant, cette question n’est pas réglée. Il n’est pas concevable que sur un sujet aussi important, il n’y ait pas eu à ce jour un consensus national. Certes, la Nation reconnaît enfin les femmes et les hommes qui ont participé à l’œuvre de la France dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française. Certes, la Nation reconnaît enfin la souffrance et les sacrifices endurés par tous les rappariés.

Cependant les rapatriés ont encore le sentiment que leur histoire est lourde de suspicion, qu’elle est encore enfouie, voire bafouée. La politique de réparation ne peut être celle d’expiation permanente, une expiation par la repentance qui aboutit à la division. Il faut regarder l’avenir en rendant justice à toutes les parties, à tous les rapatriés. Je ne suis pas favorable aux excès de la repentance : la France est une Nation qui revendique son identité, qui assure son histoire. On ne construit rien en demandant aux enfants d’expier les fautes de leurs pères, des fautes qu’ils n’ont pas commises. Au peuple de l’ancien empire français, nous devons offrir non l’expiation mais la fraternité. Nous ne pouvons pas tourner le dos à la Méditerranée, rien ne doit être oublié et il appartient à tous, des deux côtés de la Méditerranée, de travailler à notre avenir dans une relation apaisée, d’égalité et de fraternité.

Il est temps que le mémorial pour la France Outre-mer à Marseille voie le jour. Le Mémorial devra être inauguré en 2009 et les associations de rapatriés ont vocation à participer au comité de pilotage. Notre passé outre-mer fait partie du patrimoine culturel des Français. Ce patrimoine doit être transmis dans son intégralité aux futures générations, aussi longtemps que la mémoire pourra se transmettre. Les chercheurs et les éducateurs devront pouvoir accéder aux outils d’un savoir objectif, absent de toute passion. Ils doivent disposer des moyens d’y accéder par les voies les plus adaptées. Si les verrous de la mémoire sont ainsi levés, les bénéficiaires en seront prioritairement les jeunes. De même, l’Etat prendra toute sa part à la création de la fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, des combats du Maroc et de la Tunisie. Cette structure doit, en effet, être le lieu dans lequel les historiens pourront travailler avec objectivité sur cette période et confronter leur travail avec la mémoire des témoins et victimes de ce drame. Il faut notamment confier à un comité de sages la mission d’enquêter sur les disparus. La douleur est encore forte, mais les familles ont droit à ce que soit établie une liste officielle des disparus et que leurs noms puissent être reconnus sur des monuments publics.

Si je suis élu, je souhaite ouvrir une souscription nationale pour que soit érigé en France, en un lieu à déterminer, un monument national qui regroupera les noms de tous ceux venus d’Outre-mer, quelles que soient leurs origines, leur religion, leur provenance, qui ont participé derrière le drapeau français à la construction de notre pays, à sa défense et/ou à sa libération. Enfin, je proposerai également que la participation de l’Etat au fond de concours pour la réhabilitation des cimetières français en Algérie soit doublée.

Mais aussi importantes soient-elles, les actions de reconnaissance et les mesures dans le domaine de la mémoire ne sont pas suffisantes. La loi du 23 février 2005 a permis le remboursement des prélèvements effectués sur les biens indemnisés et a permis de réparer ainsi une injustice liée à la superpositions des précédentes lois. Cependant le dossier n’est pas définitivement clos. Sur l’indemnisation, je ne veux pas promettre des mesures non finançables ou irréalistes.

Je connais les débats concernant les taux d’indemnisation constatés. Je souhaite une clarification. Je demanderai à une autorité indépendante d’établir une hiérarchisation des revendications, tout en distinguant les revendications de fond, des critiques émises concernant le règlement de l’indemnisation -indemnisation des ayants droits français d’étrangers, indemnisation des personnes morales, indemnisation des biens vendus à vil prix, la forclusion, le plafonnement de l’indemnisation, l’absence d’indexation, etc – Cette autorité devra remettre son rapport avant la fin de l’année 2007, et je demanderai au gouvernement de prendre en 2008 les mesures juridiques et financières et rendre les arbitrages qui s’imposent. Sans attendre, je demanderai la levée de la forclusion, fixée à mai 2007 pour le dépôt des demandes de remboursement. En effet tous les bénéficiaires de cette mesure n’ont pu se faire connaître, et il n’est que justice qu’ils puissent se voir rembourser des prélèvements qui ont été effectuées sur leur patrimoine.

L’action en faveur du désendettement des rapatriés réinstallés s’est poursuivie jusqu’à nos jours sous l’impulsion des gouvernements de droite. Pour les rapatriés, ou les enfants mineurs au moment du rapatriement qui n’ont pu bénéficier du dernier dispositif de désendettement (la CNAIR), je donnerai des instructions et des moyens aux préfets pour qu’ils puissent intervenir en faveur de la sauvegarde de leur toit familial, une priorité confirmée par le décret du 24 mars que j’ai signé. Je souhaite que nous puissions aller au bout de cette logique et étudier la possibilité d’annulation de dette pour les personnes les plus démunies et qui ont contracté de petites dettes. Sachez que j’ai demandé au Premier ministre de suspendre l’examen des dossiers en cours à la CNAIR afin d’éviter que leur examen ne soit précipité dans le contexte actuel des élections. Toutes ces mesures témoigneront de ma volonté de prendre des initiatives rapides en faveur des rapatriés. En l’espèce, ma volonté est qu’en 2012 au plus tard, date du 50ème Anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie et fin de la prochaine législature, toutes les questions relatives à la guerre d’Algérie qui n’auraient, à ce jour, pu aboutir, soient enfin réglées de manière satisfaisante pour l’ensemble de nos compatriotes rapatriés.

En attendant, il faudra renforcer les moyens interministériels rattachés au Premier ministre afin de concrétiser cet effort de solidarité nationale.

Je vous invite à débattre de ces orientations à l’occasion d’une réunion que j’organise avec Christian Estrosi et les parlementaires chargés de ce dossier, au siège de campagne le 14 avril à 15 heures, je serai heureux de vous accueillir et vous remercie de bien vouloir confirmer votre présence.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Nicolas SARKOZY.
Réponse de M. Le Pen
ANFANOMA
Monsieur Yves SAINSOT
70 Avenue de la Grande Armée
75017 PARIS

Paris, le 6 avril 2007

Monsieur le Président,

J’ai bien reçu votre questionnaire. Il est bien entendu que ma réponse n’a rien d’électoraliste. Je me refuse, comme certains, à promettre tout y compris ce qu’ils savent ne jamais pouvoir tenir. Moi, je m’engage auprès de vous selon ma conscience, les idées que je défends, depuis toujours et le programme politique de mon parti, le Front National. Si je suis élu Président de la République, en tout premier lieu, je ferai en sorte que jamais la date du 19 mars 1962 ne soit considérée comme journée nationale du souvenir en ce qui concerne la guerre d’Algérie. Après cette date, en effet, il y a eu plus de cent mille morts, supplétifs égorgés, massacrés, jetés dans les champs de mines, femmes et enfants, européens, musulmans, juifs… enlevés, etc., ce que veut oublier la FNACA.

De même, je m’emploierai à ce que cessent les ridicules repentances actuelles et le mea culpa éternel quant à la présence de la France dans ce qui fut son empire, ou ses départements d’Afrique du Nord. Il est bien entendu que je ferai, par contre, reconnaître non pas la responsabilité de la France dans le drame algérien, mais bien sûr les responsabilités nominatives des artisans de la trahison et de la perte de l’Algérie et du Sahara. Dans la mesure du possible, la lumière sera faite sur le massacre des harkis, les disparitions de civils juifs, musulmans, catholiques, sur la fusillade du 26 mars 1962 à Alger et la tragédie du 5 juillet 1962 à Oran. Je ferai en sorte :

Que le crime commis le 26 mars 1962 à Alger – rue d’Isly, soit officiellement reconnu.
Que toutes les victimes de la fusillade du 26 mars soient déclarées d’office  » Mortes pour la France « .
Qu’une stèle nominative et comportant explicitement la référence à ce drame effroyable soit apposée dans un lieu prestigieux de la capitale.

En ce qui concerne les indemnisations, les problèmes particuliers du surendettement de certains rapatriés, et la fixation ou mise à niveau des retraites, un audit sera organisé par tous les services compétents sous la responsabilité de l’administration et de spécialistes, en accord avec toutes les associations de rapatriés et de harkis. En effet, je pense que pour corriger les lacunes et les insuffisances des dispositions précédentes, tout doit être remis à plat une fois pour toutes, et des dossiers définitifs constitués. Cela sera valable également pour les rapatriés aujourd’hui très âgés et en difficulté financière, dont je demanderai que les dossiers soient étudiés au cas par cas, en priorité. Pour les pupilles de la Nation, dont je suis, je veillerai, si ça n’est pas le cas, à ce que leur sort soit identique à celui des pupilles de métropole.

Si je suis élu Président de la République, les enfants des écoles sauront que l’armée d’Afrique, composée de troupes levées par la France dans l’ensemble de son empire colonial, surtout en Afrique du Nord, comprenait, en 1944, 173 000 Maghrébins et originaires d’Afrique occidentale et équatoriale, ainsi que 168 000 Français d’Afrique du Nord (presque 20 classes d’âge), 35 000 Corses et 20 000 évadés de France. Ils apprendront ainsi que ces tabors, ces spahis Algériens, Marocains et Tunisiens, ces tirailleurs Sénégalais, ces  » coloniaux blancs « , renforcés par des bataillons somalis, malgaches, indochinois, ont combattu à Monte Cassino, en Italie (janvier – juin 1944), pour emmener nos drapeaux et nos étendards jusqu’au cœur de l’Allemagne. Entre 1942 et 1944, les pertes  » impériales  » se sont élevées à 40 000 tués et 72 000 blessés, soit 18 % des effectifs. Connaissant personnellement, pour y avoir servi, les pertes énormes des unités d’élite françaises, je ferai en sorte que cesse la légende qui voudrait que les troupes levées dans l’empire aient été de la  » chair à canon « . Il a fallu attendre la sortie du film Indigènes pour que la presse s’empare du problème des retraites des anciens combattants de l’empire.

Il aurait été plus facile d’expliquer les choses si le gouvernement, qui a en main tous les chiffres et les barèmes, avait sorti une note explicative, ce qu’il s’est bien gardé de faire. Du coup, chacun en a profité pour raconter tout et n’importe quoi. Tous les mensonges sont les bienvenus pour ces messieurs de la désinformation, car ce qui compte à leurs yeux c’est uniquement de traîner la France dans la boue. S’il est certain que la pension du combattant est ridiculement faible, elle l’est aussi bien pour les anciens soldats métropolitains que pour les soldats de l’empire. Il faut, pour être honnête et pour que les choses soient compréhensibles, savoir qu’actuellement un ancien soldat métropolitain ayant fait tout ou partie de la guerre touche environ 35 € par mois, et non pas 450 € comme se plaisent à l’écrire et à le répéter tous les scribouillards antimilitaristes, qui n’avaient hier que mépris pour nos soldats et les harkis qu’ils traitaient de  » collabo « . Non seulement, j’exigerai du gouvernement algérien et de nos représentations diplomatiques en Algérie que nos cimetières soient sauvegardés, mais aussi entretenus. Une mission consulaire française spéciale sera créée à ce titre. Je ferai rapatrier avec tous les honneurs qui leur sont dus les cercueils de nos 1 300 marins assassinés par les Anglais à Mers el-Kébir. Il est donc nécessaire qu’un mémorial soit créé pour les recevoir, de préférence en Bretagne dont sont originaires beaucoup d’entre eux.

Mais, dans la décrépitude qui atteint notre Nation, dans son mal de vivre et son penchant actuel pour la repentance et le mea culpa éternel, je ferai en sorte que les anciens combattants cessent de rejoindre les cohortes de pleurnicheurs, d’aigris, de  » jamais contents  » qui  » gauchissent  » l’histoire de nos guerres. Tous ces combats n’étaient pas toujours inutiles. C’est la façon de les raconter qui l’est. Rien n’est perdu si nous gardons l’honneur. Tout est à craindre si plus personne ne pense qu’il est parfois utile et nécessaire de donner sa vie pour la patrie.

Jean-Marie LE PEN

Télécharger une copie du document officiel de la lettre de M. Le Pen
Réponse de Mme Royal
ANFANOMA
Monsieur Yves SAINSOT
70 Avenue de la Grande Armée
75017 PARIS

le 26 mars 2007

Dans le cadre de cette élection présidentielle, vous avez souhaité interroger les différents candidats sur les questions concernant le traitement des conséquences de la Guerre d’Algérie. Je suis sensible à vos interrogations qui me relient à mon histoire personnelle et à celle de ma famille. La Guerre d’Algérie et, plus largement la longue période de la colonisation, puis celle, plus courte, et souvent plus dramatique de la décolonisation, ont marqué le destin de nombreux Français. Je souhaite répondre à leurs interrogations et proposer à la France une politique globale de réconciliation avec son histoire. Le calendrier nous dicte nos responsabilités. Le prochain Président de la République achèvera son mandat en 2012, année du 50ème anniversaire de la fin de la Guerre d’Algérie. Cette année-là doit être celle de la mémoire apaisée. A cette fin, et durant le quinquennat et la législature, je m’engage à mettre en oeuvre une politique structurée autour de quatre grands thèmes.

Mon premier engagement est celui du devoir de la Connaissance

Le Gouvernement, sous mon impulsion, s’engagera à favoriser la recherche historique sur l’ensemble de la période de la colonisation par l’attribution de bourses de recherche, l’ouverture des archives, le soutien aux publications et l’organisation de colloques.

Une commission indépendante sera créée pour traiter les grandes questions qui divisent aujourd’hui les Français : – le rôle de la colonisation française – les drames liés à la fin de la Guerre d’Algérie (le massacre des Harkis, la fusillade de la rue d’Isly, les tueries d’Oran, le rapatriement des Pieds noirs…).

Chaque année, le ministre des Anciens Combattants présentera au Parlement, dans le cadre du débat budgétaire, l’état de ces recherches. Mon deuxième engagement est celui du travail de Mémoire Celui-ci doit pouvoir se développer sans repentance, ni amnésie. Ni la mémoire de la colonisation, ni celle de la guerre d’Algérie n’ont vocation à développer la repentance franco-française mais, au contraire, elles doivent renforcer le partenariat franco-africain et avec les pays de l’ancienne Indochine. Le Gouvernement, sous mon impulsion, s’engagera à créer une Fondation pour la Mémoire de la colonisation et de la décolonisation. Cette fondation devra fédérer l’ensemble des acteurs qui oeuvrent pour cette mémoire – associations de rapatriés, de harkis, d’anciens combattants et historiens. Elle recevra la charge de la sauvegarde de l’ensemble des lieux du souvenir de cette période historique dans l’ensemble des pays concernés par cette histoire. Elle sera également chargée de superviser la création des centres mémoriaux à vocation pédagogique. Enfin, elle aura compétence pour proposer les différents éléments historiques qui pourraient légitimement se retrouver dans les programmes scolaires.

Mon troisième engagement est celui de la solidarité et de la reconnaissance de la Nation. Je m’engage, tout au long de ce quinquennat, à conduire une politique qui doit approfondir ces droits inaliénables. Dès ma prise de fonction, je demanderai la création d’une commission du bilan chargée de faire une étude exhaustive des interventions mises en oeuvre par l’état depuis 1962 en faveur des harkis, des rapatriés et des anciens combattants. Cette commission, présidée par le président de la Cour des Comptes, fera des propositions afin de corriger ou de compléter les droits ouverts.

Je demanderai que ce rapport soit présenté au Gouvernement en novembre 2007 afin d’inscrire au budget 2008 les propositions qu’il retiendra et qui seront présentées au Parlement. Dès à présent, je m’engage pour que ce Droit à Réparation s’exerce en particulier pour les enfants des harkis ayant transités au moins trois ans dans les camps d’hébergement temporaire, pour les harkis prisonniers de l’ALN, dont le statut devra être celui de prisonnier de guerre, pour les rapatriés oubliés par les différentes lois d’indemnisation et pour l’ensemble des rapatriés pour lesquels des correctifs seront apportés aux lois d’indemnisation.

Mon quatrième engagement est celui de l’avenir Le Gouvernement, sous mon impulsion, mettra en place des mesures d’aide systématique aux descendants de harkis qui s’investissent dans la vie économique, la vie sociale et culturelle de la France. Cet engagement pour l’avenir se traduira également par la proposition de la création d’une année de  » la France dans le Monde  » en 2012, année dont les rapatriés, les harkis, les anciens combattants seront les acteurs principaux.  » L’obligation de l’avenir  » c’est aussi mettre la connaissance des hommes et des femmes qui ont construit les pays et les départements qui étaient sous la responsabilité politique de la France au XIXème et XXème siècle au service de la politique méditerranéenne et plus largement mondiale de la France d’aujourd’hui.

élue Présidente de la République, j’aurai besoin de tous celles et ceux qui ont construit la France universelle

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