célébrations nationales 2011 et 2012. Frantz Fanon, Référendum sur l’auto-détermination en Algérie, les accords d’Evian….

26 janvier 2011 célébrations nationales 2011 et 2012 Frantz Fanon, Référendum sur l’auto-détermination en Algérie, les accords d’Evian….
Etabli sous l’autorité du ministre de la Culture, rédigé par une commission de 12 membres, présidée par M Jean Favier, ce calendrier a déclenché une polémique et conduit le ministre à retirer le nom de Ferdinand Céline, écrivain d’une qualité incontestée mais dont le comportement personnel et les prises de position pendant la guerre contre l’Allemagne ont laissé des traces durables. Notre attention a été attirée sur l’inscription dans cette liste de Frantz Fanon, le chantre de l’anti-colonialisme, militant activement engagé dans le F.L.N. dès le début de la guerre d’Algérie… Cerise sur le gâteau, la commémoration du referendum sur l’auto-détermination (1961) et surtout les « accords d’Evian et la fin de la guerre d’Algérie » (1962)!

Nous avons aussitôt écrit à M Jean Favier et aux douze membres de sa commission, fait part de notre colère au ministre concerné et de nos fortes inquiétudes au Ministre de la Culture, au Premier Ministre et au Président de la République…

Association Nationale des Français d’Afrique du Nord, d’Outre-Mer et de leurs Amis (ANFANOMA) 23 rue Poliveau – 75005 PARISMonsieur Jean Favier
Président de la Commission
des célébrations nationales
Ministère de la Culture

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Monsieur le Président, Nous apprenons que la commission que vous animez a proposé d’inscrire au calendrier 2011 et 2012 quelques célébrations qui nous laissent un goût amer.

Excusez du peu :

Frantz Fanon, psychiatre d’origine antillaise établi en Algérie (à l’hôpital de Blida qui porte aujourd’hui son nom), traître à sa patrie et engagé très tôt dans le camp F.L.N. avant son expulsion dès 1957, connu pour ses engagements violents et sa défense du terrorisme, et devenu ambassadeur de ce mouvement avant de décéder en 1961 sans avoir pu se réjouir de la victoire politique des siens… Enterré à Tunis, au cimetière des « chouhadas », avec tous les honneurs dus à son rang…
Referendum sur l’auto-détermination en Algérie : dont nous ne connaissons que trop bien la suite désastreuse pour plus d’un million de vos compatriotes, Européens et Harkis… et pour les Algériens eux-mêmes…
Accords d’Evian et Fin de la guerre d’Algérie : sur ce point précis, c’est au spécialiste que nous nous adressons. L’ancien président de la commission qui a été amenée à trancher le choix de la date d’hommage aux morts pour la France durant la guerre d’Algérie ne peut ignorer la mascarade de ces « accords » qui n’ont été ni ratifiés ni appliqués. Le lien que la formulation certes ambiguë avec la fin de la guerre d’Algérie ajoute au scandale.
Rappelons pour le principe que près de deux millions de jeunes français ont sacrifié une part de leur jeunesse et pour un trop grand nombre perdu la vie à l’appel de la Nation dans une guerre abominable, plus d’un million de vos compatriotes (pour les plus chanceux) ont subi l’exode et souffrent encore de l’exil, des dizaines et des dizaines de milliers de Français de toutes origines ont été massacrés, dans des conditions atroces et le plus souvent après ces « accords » prévoyant un cessez-le-feu qui n’a jamais été appliqué. Tels sont les trois points qui suscitent émoi et colère au sein de la communauté des Français rapatriés. L’épisode Céline, en bien des points comparable « mutatis mutandis » au cas Frantz Fanon, a démontré que les propositions de votre commission pouvaient être remises en cause. Souhaitons ardemment qu’une réflexion sereine nous conduise au même résultat. Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments attristés.

Le Président
Yves Sainsot

Association Nationale des Français d’Afrique du Nord, d’Outre-Mer et de leurs Amis (ANFANOMA) 23 rue Poliveau – 75005 PARISMonsieur Frédéric MITTERRAND
Ministre de la Culture,
3 rue de Valois
75001 PARIS

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Monsieur le Ministre,

Par votre décision de retrait, vous avez clos la polémique déclenchée à la suite de l’inscription, sur proposition de la commission présidée par M Jean Favier, de Jean-Baptiste Céline au calendrier des célébrations nationales 2011. Vous avez ajouté le commentaire suivant : « en mon âme et conscience et au contact de l’émoi de certains, j’ai pensé qu’il était de mon devoir de prendre cette décision …ce n’était pas possible de déposer une gerbe aux pieds de Céline au nom des valeurs de la République, pour l’instant, et pour toujours je crois ».

Nous, Français rapatriés d’Algérie, avons relevé à cette occasion l’inscription de Frantz Fanon, autre écrivain de renom, chantre engagé de la décolonisation, connu pour son engagement en faveur de l’action violente et du terrorisme.

Nous sommes frappés de la similitude des situations, mutatis mutandis bien entendu. Ces deux écrivains ont pris en temps de guerre des positions et joué un rôle actif en faveur de l’ennemi du moment. L’un s’est engagé dans la collaboration avec l’Allemagne, l’autre dans le combat du F.L.N.. Cette attitude, en temps de guerre, s’appelle trahison. Cinquante années ont passé mais les faits sont là.

Il nous paraît logique dans ces conditions, les mêmes causes devant produire les mêmes effets, de vous demander de retirer le nom de Frantz Fanon du calendrier des célébrations nationales. Frantz Fanon haïssait l’Europe. Il écrivait, dans Les Damnés de la Terre, « Cette Europe qui jamais ne cessa de parler de l’homme, jamais de proclamer qu’elle n’était inquiète que de l’homme, nous savons aujourd’hui de quelles souffrances l’humanité a payé chacune des victoires de son esprit ». Sans doute avait-il ses raisons, il ne nous appartient pas d’en juger. Reconnaissons-lui en tout cas le mérite d’avoir été fidèle à sa logique. « Quittons cette Europe qui n’en finit pas de parler de l’homme tout en le massacrant partout ou elle le rencontre, à tous les coins de ses propres rues, à tous les coins du monde ». Il repose en paix, à Tunis dans le cimetière des chouhadas, avec les honneurs dus à son rang. Tel est l’ordre normal des choses.

Rien ne prouve qu’il aurait été sensible à l’honneur que notre Nation envisageait de lui rendre. Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

Le Président Yves Sainsot

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